Gosselies

Hommage à quatre gosseliens, le 7 novembre 2018

A l'initiative du PAC Gosselies et en collaboration avec la Ville de Charleroi, un hommage particulier a été rendu à Henri Belyn, Georges Gay, Adolphe Rennoir  pour les 75 ans de leur mort pour la patrie  et Charles Beaufaux décédé il y a 77 ans , ce 7 novembre 2018 au centre civique de Gosselies.

Le PAC de Gosselies tient spécialement à remercier la Ville de Charleroi, l'Echevine Julie Patte, l'Echevin honoraire Christian Renard, Marie Jeanne Gay fille de Geoges Gay, Monsieur de Wasseige ainsi que les représentants des familles pour leur participation lors de cet hommage.

Après l'introduction par l'Echevine Julie Patte, Monsieur Christian Renard a retracé la vie des gosseliens. L'oralité de la totalité de cet hommage est visible sur le montage vidéo, en cliquant ici.

Le public présent

Julie Patte

Julie Patte

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Christian Renard

Christian Renard

Marie-Jeanne Gay, fille de Georges Gay

Marie-Jeanne Gay, fille de Georges Gay

Marie Jeanne Gay a présenté son texte "Elles ont attendu..." ci après:

Je voudrais rendre hommage aussi aujourd’hui à quelques autres personnes… A Juliette Gay, à Joséphine Belyn, à Louise Rennoir, les épouses des trois patriotes que nous honorons aujourd’hui, en pensant à l’attente, à l’interminable attente qu’elles ont endurée.

Nous avons tous eu l’expérience de cet état de tension, quand on attend une nouvelle importante, une décision, la réalisation d’un souhait, le retour d’un absent… Et nous savons qu’alors, les minutes, les heures s’allongent, le temps semble long, très long, et nous devons en subir la loi.

Il y a des attentes positives, déjà agréables à vivre, pour un projet qui va se réaliser, une naissance, une fête, des vacances. Mais aussi ces attentes angoissantes, pour lesquelles l’espoir pourrait s’éteindre petit à petit et pour lesquelles nous ne pouvons pas agir. Ce sont des souffrances morales.

Personne n’a oublié, pas si loin dans le temps, les parents de Julie, Mélissa, Ann, Eefje, terriblement inquiets pour leurs filles disparues. Nous avons en mémoire les photos des visages de ces mères, de ces épouses des mineurs, accrochées aux grilles du charbonnage du Bois du Cazier en 1956. Leur attente, cruelle, a duré des heures pour celles-ci, des semaines pour les parents. Ce fut un supplice, un cauchemar éveillé.

« L’espoir fait vivre, mais l’attente fait mourir » dit un proverbe. Y avait-il de l’espoir pour continuer à vivre ?

Juliette, Joséphine, Louise ont attendu, à partir de juillet 42, durant des années, seules à la maison. Elles ignoraient tout de l’activité secrète de leurs maris, alors l’espoir demeurait : « ils vont revenir… » De la prison de Saint-Gilles, parfois, une lettre arrivait, limitée et contrôlée si elle était autorisée, « rassurante » si elle était clandestine. Un colis parfois pouvait passer, avec du linge, du tabac, quelques douceurs de guerre…  Si celui-ci était refusé, on disait que le prisonnier était « au secret ». Nous ignorions qu’il s’agissait du secret des sinistres caves de la Gestapo à l’avenue Louise à Bruxelles. Et puis, en décembre 42, plus rien : Nacht und Nebel, comme l’avait ordonné Hitler pour certains résistants. Seule une lettre jetée du train a apporté la nouvelle d’un départ pour l’Allemagne… Mais l’espoir vivait quand même, avec l’attente.

En 1943, le vent a commencé à tourner, les Alliés s’organisaient, nous guettions les traces blanches  des bombardiers qui passaient dans le ciel, et l’occupation s’est faite plus rude pour les civils. En juin 44, c’est le débarquement, le début de la libération. Après la bataille des Ardennes, les Alliés entrent en Allemagne et les camps de prisonniers commencent à être libérés. L’espoir survit toujours, l’interminable attente aussi. Le 8 mai 45, l’Allemagne capitule enfin. 
«  Enfin, ils vont revenir… ».

Je me souviens de ces moments-là. A l’époque, les nouvelles n’avaient pas l’immédiateté actuelle : pas d’Internet, pas de smartphone. Quand un convoi de prisonniers libérés, organisé par la Croix Rouge, arrivait en gare de Charleroi, les hommes étaient répartis par groupes et dirigés vers leurs communes respectives. A Gosselies, ils débarquaient au Calvaire, par le tram. On  allait les attendre, l’espoir au cœur : qui allait être  là ? Il y  avait  des retrouvailles, des déceptions, des questions : « N’avez-vous pas vu mon mari ? Mon fils ? » Maman et moi revenions lentement à la maison, seules ; maman ne savait plus pleurer. Peut-être… la prochaine fois… Et chaque prochaine fois c’était pareil. Et puis plus rien, il n’y avait plus de prochaine fois. En 1945, l’attente fait mourir.

 Les épouses ont appris que leurs maris avaient été exécutés, que leurs sépultures avaient été retrouvées à Cologne, (grâce aux recherches d’un service de l’armée belge ).  Juliette, Joséphine, Louise découvrent petit à petit l’implication de nos patriotes dans les services d’espionnage alliés, leur procès étrange, leur condamnation par un Tribunal, leur courage  et leur patriotisme enfin. Elles sont à bout. C’est trop tard, les cœurs étaient morts eux aussi. En avril 1947, les corps des victimes de la guerre retrouvés en Allemagne sont rapatriés en Belgique. Après une cérémonie au Tir National, ils sont dirigés vers leurs provinces, puis vers leurs communes respectives. A Gosselies, les trois héros sont reçus avec le plus grand respect dans le hall de l’hôtel de ville. Mais la tradition voulait alors que les épouses n’assistent aux funérailles…

L’attente se terminait après cinq longues années. Le deuil les écrasait.

Je veux partager pour elles cet hommage d’aujourd’hui, honorer la durée de leur espoir, leur courage d’avoir veillé sur leurs proches, sur leur maison, sur leur vie en ces temps d’épreuve et de privations,

Comme nous sommes près du 11 novembre, date centenaire de la fin de la Grande Guerre de 14-18, j’y associe les épouses, les mères, les enfants de ceux qui étaient dans les tranchées, ainsi que tous ceux qui, encore aujourd’hui en 2018 doivent souffrir les angoisses de l’attente.

Marie-Jeanne Gay.

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Monsieur De Wasseige

Monsieur De Wasseige

Vint ensuite la commémoration de Monsieur Charles Beaufaux par Monsieur De Wasseige président du CA de la Clinique Notre Dame de Gosselies:

Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités, bonsoir

L’an mil neuf cent vingt et un, le vingt-neuf août.

Par devant nous, Armand François Léopold Duvieusart, notaire à Frasnes-lez-Gosselies

Ont comparu

  1. Monsieur Ernest Joseph Marie Baron Drion du Chapois, officier de l’ordre de Léopold, propriétaire demeurant à Gosselies
  2. Mademoiselle Emélie Marie Joseph Thérèse Hélène Camille Drion du Chapois, propriétaire demeurant à Gosselies
  3. Monsieur l’abbé Alfred Maximilien Joseph Dartevelle, curé doyen de Gosselies, demeurant à Gosselies
  4. Monsieur l’abbé Joseph Marie Derneden vicaire de Gosselies, demeurant à Gosselies
  5. Monsieur Charles Louis Henri Beaufaux substitut du procureur du Roi demeurant à

Charleroi

Lesquels, tous sujets belges, ont déclaré avoir fondé entre eux une association sans but lucratif dénommée « La Charité de Gosselies » dont le siège est à Gosselies.

Article premier

L’association a pour objet

  1. De procurer le logement à des religieuses infirmières qui donneront gratuitement à domicile leurs soins aux malades indigents
  2. D’établir un dispensaire pour malades indigents et éventuellement une clinique avec salles d’hôpital

Qui est Charles Beaufaux ?

Qu’est-ce que la Charité de Gosselies ?

Charles Beaufaux est né dans une famille gosselienne le 14 décembre 1886. Il fit des études de droit à l’université de Louvain.

Diplômé en 1909, il revint à Gosselies et s’installa dans la grande maison de ses ancêtres, pour y

vivre en compagnie de ses parents et de ses oncle et tante, et fit carrière dans la magistrature. Empreint d’une profonde spiritualité et d’une grande dévotion, au décès de sa mère, il s’engagea

à vivre humblement, pauvre parmi les pauvres, ouvrant sa porte à tous, distribuant ses biens aux

nécessiteux. Et la Charité ?

Le 1er septembre 1921, l’ASBL décide l’acquisition du bâtiment sis au faubourg de Bruxelles, numéro 78.

Le 1er novembre 1924, les Sœurs Franciscaines de Manage prennent la relève des Sœurs de la Charité de Namur. L’activité du dispensaire est étendue à l’obstétrique et à la chirurgie, avec une première intervention chirurgicale en 1928. Celle-ci fut réalisée par un chirurgien de Namur qui vint avec sa table d’opération.  Selon l’histoire ou la légende, la foule était rassemblée en prière devant le bâtiment … et l’opération fut une réussite.

Le petit dispensaire connut des agrandissements successifs et un succès croissant.

En 1934, les Sœurs entrent à l’assemblée générale qui nomme administrateurs 4 Sœurs et Mlle

Drion du Chapois.  L'appellation "Clinique Notre Dame de Grâce" est adoptée, même si le nom

« La Charité » subsiste jusqu’en 1947.

En 1968, l’ASBL s’ouvre aux laïcs.

La Clinique Notre-Dame de Grâce a fait le choix de rester un hôpital convivial et proche des gens où les patients, tant dans leurs dimensions médicales que personnelles, sont au cœur des préoccupations. J’en veux pour preuve l’Accréditation Internationale reçue l’an passé.  La Clinique est la deuxième institution wallonne à l’obtenir.

Aujourd’hui, la Clinique compte plus de 750 salariés, 173 médecins et plus de 58 para-médicaux. Elle dispose de 234 lits justifiés et de 8 salles d’opération.

Son activité en croissance régulière traduit sa position de référence au nord de Charleroi. Chaque

année elle accueille autant de patients aux urgences qu’un hôpital deux fois et demi plus grand, soit 31 435 en 2017.  130 746 consultations ont été réalisées cette même année.

Est-il nécessaire de préciser que le Conseil d’administration est toujours composé de personnes totalement bénévoles, proches de la région de Gosselies, par leurs origines familiales ou leurs activités professionnelles ?

Fidèle en quelque sorte à l’esprit de ses fondateurs.

Ironie de l’histoire, Charles Beaufaux est décédé le 26 septembre 1941 suite à une intervention chirurgicale qui l’a laissé trop affaibli … mais son œuvre continue.

Je vous remercie.

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En fin de cette cérémonie réellement émouvante des fleurs ont été remises à chaque représentatnt des familles et le verre de l'amitié a permis aux personnes présentes de discuter ensemble.

La remise des fleurs aux représentants de 4 gosseliens

Les représentants des 4 Gosseliens mis à l'honneur

Voici l'article de Pol Rectem publié sur le journal l'Avenir. Avec l'accord de Pol Rectem

commemoration avenir 16 11 2018

 

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